Boulot et beauté : connectivité enclenchée

À Londres, le salon George Northwood au beau milieu d’Oxford Circus est bondé. 
Ici, une femme qui laisse poser sa couleur organise son meeting de l’après-midi, ordinateur portable en main. Là, une autre en plein brushing répond à ses e-mails depuis son smartphone. Le wifi abreuve de sa connexion ces femmes qui ne veulent plus perdre trois heures pour faire leurs racines. 
Pendant que les coiffeurs coupent et lissent avec ardeur, certaines clientes, bigoudis sur la tête discutent nouveaux projets autour d’une table installée à l’entrée du salon qui prend parfois des allures d’espace de coworking.

Si avant, il fallait prendre une demi-journée pour pouvoir aller chez le coiffeur et ronger son frein pendant ces longues heures d’attente, maintenant il en est tout autrement. Avec nos smartphones, tablettes et ordinateurs portable ultra léger nous sommes connectés en permanence et chaque instant se transforme en une occasion de cliquer.

 

  • Crédits photo, Kérastase France

    Paris, les coiffeurs se raccordent au wifi

    Las de voir leurs clients trépigner d’impatience, les coiffeurs s’équipent les uns après les autres en accès wifi et leurs salons laissent à chacun le choix de travailler, ou non. À Paris, le quartier d’affaires de La Défense compte quatre salons de coiffure et tous offrent ce même service. 
    Pour ces hommes et ces femmes du monde de la finance, le temps c’est de l’argent. Impossible de passer quelques heures loin de l’effervescence des affaires. Pas plus qu’il n’est envisageable de négliger son apparence : tenue tirée à quatre épingles et coiffure impeccable sont de rigueur. Pour eux, la magie des salons connectés opère.

    Même chose sous la somptueuse coupole du Printemps de la mode sur les Grands Boulevards, où s’est installé le coiffeur. La clientèle mêle celle du grand magasin et travailleurs du quartier. Ici, les chargeurs d’ordinateurs se partagent les prises avec les séchoirs. 
    “Tous les jours, on voit nos clientes prendre place sur les banquettes avec leurs tablettes ou sortir leurs ordinateurs de leur sac et se mettre à travailler sur le poste de coiffage”, raconte Rodolphe, un coiffeur stoïque devant ces situations quotidiennes.


    Chez David Mallet, en plein cœur de la capitale, le salon qui coiffe entre autres beautiful people et célébrités, est doté du wifi depuis de nombreuses années. Serviette sur la tête et ordinateur sous le bras, les clientes naviguent du poste de coiffage à la table de la terrasse. Entre travail et networking, les clients ne perdent pas une occasion de rester connectés : 
    “Tous les jours, je vois ces femmes et ces hommes se prendre en photo pendant qu’ils se font coiffer et publier instantanément sur Facebook et Instagram  leur nouvelle tête”, explique amusé Alain Haberlay, le directeur du salon.


    Si à Londres ou à New York certains salons de coiffures sont en passe de devenir des lieux de coworking, les coiffeurs parisiens, plus réticents, prônent encore la détente et la relaxation pour leur clientèle.

     

    Daphné Segretain.